dimanche 10 juin 2007

Raconte moi ta ville Meli

"Sur les boulevards les tilleuls encore chauds du soleil de l’après-midi embaumaient le sucre et le miel. On sentait la ville en été. Certains rentraient de leur soirée,..."

Je me sers de tes mots Méli pour faire ressurgir le souvenir de cette nuit dans ta ville. J'aurais aimé commencer mon histoire par "il était une fois "et y ajouter les quelques mots de ton com. J'aurais continué en racontant le bonheur d'une promenade à deux dans la soirée finissante de cette ville...Hélas ce serait oublier que je me promenais avec un ogre. J'avais voulu l'oublier aussi...Visite de la rue Ste Catherine en flânant, du temps dans une merveilleuse librairie dont j'ai oublié le nom, nos pas jusqu'au théâtre où il me raconta ce qu'avait été sa vie à cette époque. J'aimais tout, j'écoutais tout, je voulais tout. J'avais le privilège d'être à ses côtés, Celui que tout le monde craignait me donnait la main, me souriait, et ne disait que pour moi seule sa vie. Nous avons marché longtemps et vu tous les lieux de sa vie d'avant . J'aimais la ville,belle, colorée, bruyante. Je me souviens lui avoir dit, je ne sais pas pourquoi "cette ville est un peu pute: aguicheuse et misérable...Oui Méli ça sentait le sucre , le miel et déjà la pisse et les ordures chauffées par le soleil finissant. La nuit est tombée. J'ai vu mon compagnon se transformer en une sorte de brute sexuelle. Oubliés les jolis mots, les sourires qui cajolent. La grande main protectrice n'était plus que celle qui guide et impose, les yeux pétillants se sont durcis et sont devenus fixes, leur couleur transparente n'était plus que celle d'un marais glauque, sa voix est devenue presque nasillarde à force de demande et d 'exigence . Le bon gros géant m'a donné la nausée. C'était une bête avec laquelle je ne partageais plus rien. Ce qui aurait pu être un jeu était l'aboutissement d'un projet de pervers dans lequel je n'étais qu'un objet sexuel. Je me suis retrouvée petite fille, j'avais mal au ventre, je voulais rentrer chez moi, oublier, me cacher. De cette ville la nuit, j'ai connu la peur, les endroits sombres et insécurisants, les filles et les phares des voitures, les mots durs de celui qui exige. Je n’arriverai pas à finir l’histoire Méli, elle n'est pas jolie, pas drôle, elle traîne dans ma mémoire comme un mauvais rêve qui n’en finit pas…

4 commentaires:

patriarch a dit…

Drôle d'expérience ! Il y a beaucoup de ville avec cette ambiance,cette odeur ou le vice est à fleur de rue.J'en ai vu quelques unes, quelque soit sa latitude, en Europe ou ailleurs. Pour un homme,l'impression sera tout autre,même s'il n'aime pas,c'est une découverte,alors, il y nage quelque temps,en espérant ne pas couler. Parfois,certains s'y noient définitivement !

la méli-mélo a dit…

Elle est belle ma ville, la librairie donc je te l'ai dit, et l'hommej'aurais pas aimé le voir sur mon chemin, surtout après ce qu'on vient de se raconter. Il va falloir penserà être un peu heureuse maintenant non ?

patriarch a dit…

Bonne semaine à toi ! :*

Madame Arthur a dit…

Cicatrices douloureuses empêchent le bonheur.

«Etre complètement seul ne signifie rien d'autre qu'être complètement fou.»[ Thomas Bernhard ] - Extinction