lundi 9 mars 2009

dimanche 1 mars 2009

témoignage: le 22janvier à Limoges

J'ai reçu ce mail de la part d'une amie, je le publie car elle m'a demandé de le diffuser le plus possible.


Un sound system s'organise au Teddy Bear, rue Delescluze à Limoges. A la base le sound-system se fait en soutien aux supporters Bordelais "emprisonnés injustement" comme le dit l'affiche qui annonce la soirée. . Tout se passe bien , il y a une super ambiance, le bar est bondé, on est plusieurs à passer des vinyles, il est 23H environ et la soirée s'annonce bien, le son n'est pas trop fort et l'ambiance bon enfant. Vers 23H30, du fond du bar, derrière les platines et face a la piste de danse, N, B, et moi voyons 2 flics, suivi de 2 autres essayer de se frayer un passage dans le bar, tonfa a la main, dans notre direction. A partie de la, les flics chopent violemment un gars qui dansait tranquillement , lui mettent les menottes et se mettent a hurler "tu te calmes! Tu te calmes!!", paradoxalement le gars n'oppose aucune résistance, et se voit étranglé par les keufs. Forcément on bouge vers les flics pour demander des explications, tout le bar ne pige plus rien, on veut s'expliquer, se demandant ce qui se passe pour justifier une arrestation façon "on a chopé le cartel"... Les gens veulent sortir en masse, saisis par l'incompréhension, dehors les collègues qui saisissent la situation nous incitent à rentrer dans le bar histoire d'éviter le grabuge et l'émeute générale. Nous voila parqués dans le bar, tous assez remontés (une quarantaine de personnes, collègues, camarades, amis, gens là par hasard,et heureusement pas d'enfants!); Ensuite deux trois flics rentrent dans bar histoire de tâter l 'ambiance générale. Forcément ça part un peu dans tout les sens, mais ça reste verbal, des injonctions aux flics style "mais calmez vous, c'est inadmissible, que se passe t-il?"...D'autres voitures arrivent. On ne voit pas bien de l'intérieur du bar mais déjà 4 voitures dont une de la BAC sont là, et d'autres arriveront par la suite. En plus c'est pratique, ils sont venus interpeler deux mecs, et ils se retrouvent dans un bar bondé de "gauchistes", red ou anar, en plus de quelques étudiants, c'est le moment de faire monter les quotas. On dirait les flics du Bopé version beaufs Limousins, remontés à bloc , une gazeuse dans la main, un tonfa dans l'autre. La tension est palpable, le flic ouvre la porte du bar , N, qui a bu du jus de fruits toute la soirée, l'interpelle poliment "calmez vous que se passe t'il, qu'a t-on fait?" De là le flic sort un truc du style "qu'est ce que t'as, il y a un truc qui va pas? " Il répète ça deux trois fois en hurlant, Un hippie à ma droite commence à vouloir jouer le rebelle,il se fait tirer hors du bar par les flics, menotté et embarqué dans une bagnole, puis c'est au tour de N de se faire embarquer, comme ça, pour le plaisir,je sens que je vais y passer aussi alors je tente de garder mon sang froid. C'est le moment de faire du quotas, en pleine période de manif pro palestinienne et de fêtes en soutien pour des mecs injustement emprisonnés et de surcroit des antifascistes. Ca fait déjà 4 arrestations en un quart d'heure, il n'est peut-être même pas minuit. Dans la panique générale, on sort du bar, les flics sont une dizaine, harnachés comme des guerriers, la haine dans les yeux, gazeuses et tonfas à la main. Il y a 7 bagnoles de flics, gyrophares allumés, sous la pluie, dans la rue Deslescluze. Une des rues certainement les plus étroites de Limoges, en plein centre ville.
Les deux trois copains qui étaient dehors nous ont dit par la suite que les keufs étaient hyper enragés, et etait en train de préparer les matraques pour exploser la vitre du bar, quitte à faire un massacre. Nous de l'intérieur , on préfère arrêter de retenir la porte, les flics entrent alors à 5 ou 6, je me retrouve face à eux, je les voient qui choppent les gazeuses et commencent à parquer tout le monde au fond du bar, comme des moutons, les chaises tombent, les verres se brisent, et le matos de musique ainsi que les disques, alors par terre vont se trouver mal en point, pas autant que les gens. Je choppe ma meilleure amie en pleurs, et on se cale entre le comptoir et la vitre, histoire de se protéger des jets de gaz lacrymo. Les flics avancent et gazent pendant un moment, Les gens se mettent à genoux, suffoquent vomissent, pleurs...et les flics ressortent en faisant bien gaffe de refermer la porte sur nous! Histoire de nous faire savourer le parfum et de nous rabaisser. Tout le monde sort, sort, crache etc... tout le monde est bien choqué, on a encore une fois, rien compris à ce qui se passait. Tout le monde est en larmes, et la pluie n'arrange pas les choses même le patron du bar ne capte rien et se rue vers les flics en demandant des explications, j'y vais aussi: seule réponse du bleu: "je ne sais pas je viens d'arriver"...Je pars faire un tour, histoire de me calmer et tenter d'apercevoir les potes dans les voitures qui partent...J'ai mal aux tripes, bien plus qu'aux yeux et j 'ai le cœur en feu, je reviens , je vois quelqu'un a terre, un flic lui appuie sur la nuque avec son genoux le maintien à terre, je vois ses jambes, elles ne bougent pas, il n'y a donc pas de résistance. Il sera face contre terre, immobile, un flic sur lui, dans la pluie battante, durant 10 minutes avant d'être embarqué. On a l'impression d'être dans une mauvaise série B, les gens pleurent ou sont énervés.Il est a peine minuit et demie...et le Teddy Bar, c'est Bagdad maintenant. Les flics se barrent, on décide de tous aller au comico. On prend les voitures, on est une vingtaine à se retrouver là- bas, témoins lambdas venus porter plainte pour agression. Le patron d'un autre bar est avec nous, on se dirige en masse vers le comico, la grille est fermée, mais on peut voir à l' intérieur . Le gérant du W demande a l'interphone de rentrer, pour porter plainte pour agression, on garde tous notre calme, on se pose en tant que victimes. Le flic à l'interphone fait semblant de ne pas comprendre, et en même temps une dizaine de flics sortent du comico, se mettent face à nous derrière les grilles, gazeuses à la main et pas sereins, comme quoi ils sont conscients de ce qu'ils ont fait et s'attendent à une réaction violente qui aurait été légitime. Mais on la joue tranquille, on leur dit qu 'on ne cherche pas les embrouilles, qu'on veut juste faire une déposition, porter plainte et prendre des nouvelles de nos deux potes. Il est 13:36 le lendemain, toujours pas de nouvelles... Bref les flics refusent, ce qui est illégal soit dit en passant... On repart en s'apercevant qu'on est cerclé de bagnoles de flics, postées aux carrefours... surement "au cas ou".
Suite à ça, on continue la soirée dans un autre bar où on décide de s'organiser d'établir une liste de contacts, de relayer l'info par les journaux locaux, de se faire faire des certificats de santé certifiant du choc de l'agression, physique comme psychologique, d'aller porter plainte, etc...4 iront le soir même aux urgences, à cause de la lacrymo, 2 se sont fait apparemment embarqués alors qu'il étaient partis porter plainte en solo, et les autres ne dormiront pas de la nuit.
> > Je pense avoir relaté la situation assez justement, sans exagérer et sans rentrer dans une complainte anti keufs, juste la vérité et les ressentis à chaud. Essayez de relayer l'info oùvous pouvez, on n'a pas de nouvelles de nos compères mais on peut s'attendre à avoir besoin de soutien. Faites tourner un max, et si j'ai oublié des faits qui pourraient servir, ceux qui étaient là merci de les rajouter. De plus, il est super important d'aller voir le procureur le plus tôt possible, à titre individuel ou en petit groupe de 2,3 et d'expliquer qu'on n' a pas pu déposer plainte et expliquer le déroulement de la soirée à base de "je suis choqué, je ne comprends pas ", plutôt que "sale flic on va cramer ta mère" ok ;)

Je pense qu'on peut juste rajouter qu'au moment du gazage un groupe d'un vingtaine de personnes a réussi à ouvrir une fenêtre au fond du bar qui donne sur une cour intérieure d'environ 3 ou 4 m carrés! Tout le monde gerbait, pleurait, hurlait, crachait à mort et les flics eux restaient persuadés qu'on s'était tout simplement enfuis alors ils se sont mis à nous courir après en passant par l'extérieur du bar (inutilement puisqu'on était dans une impasse). Quand ils ont enfin compris leur connerie ils se sont ramenés à 5 ou 6 (enfin c'est ce qu'on voyait de cette petite cour surnommée "clapier") gazeuses prêtes à être à nouveau utilisées sur un groupe de gens en larmes demandant seulement qu'on les laisse tranquilles histoire de respirer. Un regard méprisant, et un sentiment d'humiliation qui nait forcément instantanément. Finalement ils nous ont dit seulement de sortir mais bon il faut bien qu'ils en rajoutent, alors ils nous ont poussé comme du bétail et nous ontagrippé comme si on était des dangereux tueurs! Une amie qui est tombée pendant la panique saigne du genou et boite. Un flic la pousse violemment pour qu'elle avance plus vite! Finalement arrivés dans la rue on voit toutes ces bagnoles de flics sans trop comprendre ce qui se passe! Une bonne douzaine apparemment! Ça parait hallucinant puisqu'il n'y a eu aucun mouvement de violence de notre part à part quelques joutes verbales! Un peu plus tard on apprend que quatre personnes se sont fait gazer une deuxième fois alors qu'elles s'étaient réfugiés dans les chiottes! Pas besoin de faire un dessin quant à la taille que peuvent faire les chiottes!
«Etre complètement seul ne signifie rien d'autre qu'être complètement fou.»[ Thomas Bernhard ] - Extinction